Bien que la culture égyptienne ait exercé une fascination sur les autres cultures (importations d’obélisques sous la Rome antique, de momies au Moyen âge, collection d’objets exposés dans des cabinets de curiosités aux 16ème et 17ème siècles), ce terme se réfère plutôt à l’engouement qui a saisi l’Europe à la fin du 18ème siècle.

L'Égyptomanie : Tout ce que vous devez savoir : Bague ancienne scarabée "Khépri" - Caillou Paris
Bague ancienne scarabée « Khépri » – Caillou Paris

LES ORIGINES DE L’ÉGYPTOMANIE

Sans les rêves et l’ambition d’un jeune général français, la France n’aurait pas peut-être pas connu cette folie égyptienne. Défaite militaire, la campagne d’Égypte devient grâce aux 160 savants qui accompagnent Napoléon une véritable réussite qui participera au mythe Bonaparte. En effet c’est à sa demande qu’ils étudient l’histoire de ce pays qui le fascine tant. Ils publieront la Description de l’Égypte et feront connaître au grand public, grâce à la précision de leurs croquis, les trésors et la beauté d’un monde disparu.

Cette fièvre connaîtra plusieurs vagues, soutenues par les travaux de grands archéologues : la transcription des hiéroglyphes par Champollion en 1822, l’érection de l’obélisque place de la Concorde à Paris en 1836, l’ouverture du canal de Suez en 1869, la découverte de la tombe de Toutankhamon par Howard Carter en 1922 ou encore l’exposition qui lui est consacré à Paris, en 1967.

Il faudra toutefois attendre la fin du 19ème siècle, voire le début du 20ème siècle, pour que cette déferlante atteigne véritablement l’univers de la bijouterie-joaillerie.

Pour l’anecdote, Napoléon, très superstitieux, portait sur lui un scarabée porte-bonheur rapporté de sa campagne d’Égypte. Lors de la bataille de Dresde, son cheval fût tué par un boulet de canon alors qu’il le montait. Napoléon fit alors tailler dans l’acier de ce boulet un scarabée, dont le revers porte la date de l’événement. À son retour, il offrit cette bague à sa maîtresse, Marie Walewska.

L'Égyptomanie : Tout ce que vous devez savoir - Caillou Paris

 

L’ÉGYPTOMANIE ET LES BIJOUX

À LA FIN DU 19ÈME SIÈCLE

Les expositions universelles de Londres en 1862 et de Paris en 1867 permirent au grand public comme aux artisans de découvrir les dernières grandes découvertes archéologiques. La mode se répand dans toute l’Europe. Sphinx, fleur de lotus ou scarabées sont popularisés par des parures associant l’or, le grenat et le lapis lazuli. À Paris, Mellerio, Boucheron, Falize créent leurs premiers bijoux égyptisants.

Caillou Paris - Bague ancienne scarabée Bahati
Bague chevalière ancienne dont le plateau est orné d’un scarabée qui pivote.

L’ART NOUVEAU

La découverte des palais d’Akhénaton en 1887 relance cet engouement au moment où l’Art nouveau en est à ses prémices. Si cette nouvelle page de l’histoire de l’art s’écrit tout en arabesques et volutes, elle va elle aussi tirer son inspiration de l’Égypte antique. Car le goût est alors à l’exotisme et au fantastique, voire à l’ésotérique. Comment ne pas être fasciné par ces symboles, ces créatures fabuleuses… et ces femmes pharaons ! À Paris, Cléopâtre est d’ailleurs à l’honneur d’une pièce de Victorien Sardou. Et qui de mieux que Sarah Bernhardt pour jouer cette femme au destin incroyable. Elle fera d’ailleurs appel, comme à son habitude, à Lalique pour réaliser ses bijoux de scène.

L’actrice Sarah Bernhardt dans « Cléopâtre » au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris, 1891

De Cléopâtre toujours vient la mode du serpent fatal. Ses méandres s’enroulent autour de poignet, des bras ou bien ses anneaux se font boucles de ceinture. Il est un des thèmes naturels les plus utilisés, avec le scarabée et le papyrus.

Ces derniers se rencontrent sur bon nombre de bijoux, aussi bien pour femmes que pour hommes. En effet ces messieurs ne sont pas oubliés et peuvent porter épingles à cravate et chevalières dans le goût égyptisant.

L’Égypte antique n’est pas une des inspirations principales de l’Art nouveau. Il est toutefois amusant de dresser un parallèle entre ses profils de femmes qu’il se plaît à représenter et les représentations des pharaons, de profil également.

L’ART DÉCO

La découverte de la tombe de Toutankhamon ne fera qu’exacerber encore ce goût pour l’Égypte antique. Il faut dire que cette découverte, révélatrice d’un trésor merveilleux, s’accompagne d’un parfum de mystère et de malédiction. Et si le plus médiocre des écrivains s’y enivre, l’univers du luxe n’est pas en reste. Si l’on peut citer le parfumeur Ramsès et son « Secret du sphinx » commercialisé dans un vase « canope », retenons la broche en forme de scarabée de Cartier. Cette pièce illustre parfaitement le travail d’intégration de pièces antiques que développera la maison.

Citons également le travail de la maison Van Cleef & Arpels. Les artisans joailliers tirent leur inspiration des décors des nécropoles de Thèbes et de Saqqara dont les lignes sont proches de celles de l’Art déco. S’y trouvent mêlés des motifs végétaux, des silhouettes de femmes accroupies ou d’autres symboles égyptiens tels l’ibis, le scarabée, le dieu Horus, le sphinx dans des scènes d’offrandes ou de pêche. Ce nouveau vocabulaire vient orner sautoirs, bracelets souples ou bracelets manchettes entièrement réalisés en diamants, saphirs, émeraudes, rubis suiffés et onyx.

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